Signalements de chenilles urticantes

Évitez autant que possible les zones à risques et prenez toutes vos précautions en cas de sortie : vêtements longs, chapeau, lunettes…

Les premiers signes d’allergies aux chenilles sont signalées aux abords des forêts du territoire, notamment à Champenoux et Eulmont. Se déplaçant en file indienne, les chenilles processionnaires colonisent les chênes de la région. Elles sont dangereuses pour les arbres, les animaux et les hommes.

Article paru dans votre magazine COMM’UN en février 2020 :

Quelle est leur origine ?

Les chenilles processionnaires du chêne proviennent d’un papillon de nuit forestier. Colonisant les régions du sud, leur espèce remonte de plus en plus au nord, à cause du réchauffement climatique. Les populations de chenilles peuvent pulluler pendant une à trois années de suite, puis rester très discrètes pendant de nombreuses années entre deux pullulations.
Au printemps, les œufs éclosent au sommet des arbres, avant l’arrivée des bourgeons. Pendant la journée, les chenilles s’abritent dans un nid tissé. Le soir, elles vont se nourrir en se déplaçant en ligne, en procession (d’où leur nom).

Quels risques pour l’homme et les animaux ?

Dès avril, ces larves développent des milliers de poils microscopiques, pourvus d’aiguillons urticants. Ils sont libèrés lorsqu’elles sont dérangées, mais sont également présents dans les nids et dispersés par le vent. Les poils se fixent sur la peau ou les muqueuses (yeux, bouche, voies respiratoires) et causent toute une série de désagréments : démangeaisons, urticaire, boutons, conjonctivite, maux de gorge, asthme… Tout le monde est sensible à l’allergène ainsi véhiculé. Plus ou moins sévèrement.

Comment lutter ?

Surveillez attentivement les chênes de votre jardin. Pour éliminer mécaniquement un nid, il est préférable d’agir en février-mars, avant que les poils urticants n’apparaissent. Équipez-vous d’une protection intégrale et sectionnez les branches qui soutiennent le cocon avec délicatesse, en utilisant un échenilloir. Plongez immédiatement le nid dans une bassine d’eau savonneuse, afin de le noyer pendant plusieurs heures avant de le brûler.

En prévention naturelle, pensez à favoriser les auxiliaires du jardin, prédateurs naturels de ces parasites : mésange, merle, fauvette, hérisson…
En traitement sur un arbre isolé, vous pouvez pulvériser au printemps un insecticide biologique (Bacille de Thuringe) ou faire intervenir une société spécialisée pour un traitement annuel chimique. Dans tous les cas, préférez opérer tôt le matin, pour ne pas atteindre les prédateurs utiles.

Il n’existe malheureusement aucun moyen de se débarrasser définitivement des chenilles. Les traitements isolés sont à refaire chaque année. En effet, même si l’on détruit toutes les chenilles vivantes sur un terrain, les arbres pourront être ré-infestés l’année suivante par des papillons pouvant provenir de plusieurs kilomètres.

Enfin, à grande échelle comme en forêt par exemple, il est impossible d’envisager de telles opérations. Les insecticides chimiques sont interdits du fait de leur toxicité. Quant à la pulvérisation de bio-pesticides, elle n’est efficace que sur de petites zones très ciblées. Pour trouver des solutions, l’espoir de l’Office National des Forêts, principal gestionnaire, réside auprès des chercheurs qui expérimentent des méthodes à base de phéromones.
En attendant, en cas d’invasion, sortez couverts (vêtements longs, chapeau, lunettes) et évitez dans la mesure du possible les endroits exposés…

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